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17/04/2010

UN BESOIN DE VRAI CHANGEMENT

Est-ce qu’un vrai changement est possible dans ma chère Côte d’Ivoire ? J’ai envi de répondre « Yes We Can » même si à l’heure où j’écris ces lignes, personne ne parle encore d’élection en Côte d’Ivoire. « Change is coming to America » disait Barack Obama au soir de sa victoire au caucus de l’Iowa en janvier 2008. Dix mois plus tard, le 04 novembre 2008, il concluait sa campagne victorieuse par le fameux « Change has come to America ». Un parcours authentiquement démocratique qui a fait des émules à travers le monde entier et surtout en Afrique où la jeunesse, qui a suivi attentivement cette campagne de leur frère, rêve de voir le même scénario dans leur propre pays. En Côte d’Ivoire où on repousse l’élection depuis des lustres, après dix ans de crise, le changement s’avère plus que nécessaire. Alors tous les candidats à la présidentielle se sont mis à la danse. Promesses de changement par ci, promesses de renouveau par là. Personne ne veut une continuité comme si tous les candidats rejetaient leur propre passé politique. Et les choses se sont encore accélérées avec les dépôts des différentes candidatures. Le président Laurent Gbagbo même après avoir passé dix ans au pouvoir, nous miroite aussi un changement. Mais par rapport à la gestion de qui ? La sienne ? .......


 

        Si oui pourquoi devons nous croire qu’il prendra une autre direction que celle que nous avons connue ces dernières années avec les enrichissements illicites, le pillage systématique des recettes des matières premières, l’abandon de l’école nationale à son triste sort et l’augmentation de la délinquance? J’ai suivi personnellement la conférence de presse qui a suivi le dépôt de sa candidature le 16 octobre 2008. Je me suis félicité de cette nouvelle car cela montrait qu'il veut bien aller aux élections. Et ça c'était une excellente nouvelle pour tous les ivoiriens qui attendent la délivrance, c'est à dire un retour au fonctionnement d'un état normal. J’ai cru à un moment que l’élection allait se tenir vraiment avant la fin de 2009. Mais encore du vent, rien que du vent. Au moment où on attendait le président candidat son bilan de ces dernières années, sa gestion calamiteuse des filières café cacao, en clair sur son programme bilan, ses lieutenants nous annonçaient que c'est le candidat du changement. Comment ça ?  Un président sortant qui devient celui du changement. « Ah bon, c'est possible ça? Et par rapport à qui...? » Me suis-je demandé. Et pourtant c’est ce qu’ils ont essayé de faire avaler au peuple de Côte d’Ivoire. Dès l’annonce de la candidature de Gbagbo, tous les partis satellitaires comme le RPP, l’UNG,…etc. se sont mis en branle pour essayer d’accaparer le milieu audio visuel : rassemblements par ci, meetings par là, conférences par là bas. Beaucoup de ces gens décrivent monsieur Gbagbo comme le candidat du changement. Je respecte monsieur Gbagbo en tant que président de la république de Côte d’Ivoire ou même en tant que simple candidat. Il a l’âge de mon père et pour ça seulement je lui dois respect. Je pense aussi personnellement qu’il mérite la place où il se trouve car il a su déjouer tous les pièges et faire des alliances intelligentes pour y arriver. Qu’on l’accuse de rouler les gens c’est une réalité, n’empêche sa roublardise lui a permis d’arriver où il voulait être. Et ça, personne ne peut le lui retirer. Mais soyons sérieux et honnêtes un jour. Si en 2000, monsieur Gbagbo pouvait promettre du changement aux Ivoiriens, aujourd’hui il n’est plus en mesure de le faire. Et nulle part ailleurs, dans aucun pays qui se respecte, on a vu un président sortant parler de changement. Il faut qu’on essaie d’être au moins logique dans nos déclarations. Je reconnais volontiers qu’il existe une longue liste de mots pour décrire la candidature de monsieur Gbagbo mais le mot « changement » n’y figure pas. Certains n’hésitent plus à dire tout haut que monsieur Gbagbo serait devenu tout d’un coup le vrai fils spirituel de Félix Houphouët Boigny. Ils ont créé un parti politique, fait une convention et tout ça pour soutenir le candidat désormais dit de l’houphouetisme. Personnellement, c’est quelque chose qui me laisse pantois. Pour des gens comme notre bien aimé Laurent Dona Fologo, ça donne vraiment à réfléchir. Pour quelqu’un qui a passé des décennies auprès du premier président de notre pays, cela donne le droit de se demander ce qu’il faisait pendant tout ce temps. Qu’a-t-il appris auprès d’Houphouët pour affirmer aujourd’hui que c’est Gbagbo qui est son vrai héritier ? Probablement qu’il était tellement occupé à griller les arachides – c’est lui-même qui a dit sur la première chaîne avoir été un grilleur d’arachides - qu’il n’a pas eu le temps d’apprendre la vision politique d’Houphouët. C’est donc normal qu’il ne sache pas c’est quoi l’houphouetisme. Il était comme un élève qui est en classe mais dont l’esprit se trouve dans un bar. Quelque soit ce que le professeur raconte, il n’entend rien. Et lorsque le professeur lui demande de quoi on parlait, il n’est pas capable de dire ne serait-ce un mot. Si c’est le cas pour notre aîné Fologo, alors c’est compréhensible. Mais dans le cas contraire je dis qu’on ne peut pas tomber aussi bas. Il aurait pu soutenir efficacement monsieur Gbagbo sans forcement se renier, se courber devant lui et cirer ses chaussures. Qui aime bien, châtie bien dit on. J’aurais aimé que ce monsieur s’assume plus, qu’il s’affirme plus au lieu de toujours se ranger derrière les autres. Mais bon c’est son choix alors nous le respectons. J’ai lu le mardi 20 octobre 2009 dans un journal (que je ne citerai pas pour ne pas faire de la pub gratuitement) qu’un jeune leader d’un parti apparenté FPI avait qualifié monsieur Gbagbo de candidat du peuple citant l’exemple d’Obama. Je suis désolé de le dire à mon frère, mais j’ai suivi à fond tous les discours, meetings et débats télévisés que monsieur Obama a eu durant toute sa campagne et en aucun moment il ne s’est décrit comme le candidat du peuple. Il est trop réaliste et pragmatique pour prétendre incarner à lui seul toute la diversité des opinions du peuple américain. Par contre, il s’est toujours présenté comme le candidat de tous ceux qui voulaient que les choses changent aux USA. C’était le candidat de tous ceux qui en avaient marre de la politique minable de George Bush et de cette atmosphère de tension permanente comme c’est le cas sous Gbagbo en Côte d’Ivoire. C’était le candidat de ceux qui voulaient en finir avec l’ère Bush. On ne peut donc en aucune manière comparer monsieur Gbagbo qui s’est autoproclamé candidat du peuple à monsieur Obama qui a séduit le peuple en passant de porte en porte. Ces deux hommes n’ont pas la même vision du monde, ni les mêmes expériences de la vie, ni les mêmes liens avec le peuple, ni les mêmes programmes de société. En tout cas, du côté américain, on ne voit pas les choses de cette façon là. Je comprend pourquoi en utilisant des subterfuges, le clan présidentiel a fait venir en 2009, monsieur Jesse Jackson pour dire soi disant célébrer la rencontre de deux défenseurs de la liberté. En séduisant Jesse, il pouvait ainsi être introduit auprès d’Obama. Le problème c’est qu’Obama n’aime que les démocrates, ceux qui organisent des élections crédibles dans leur pays respectifs.  Pour quelqu’un qui connait le parcours militantisme pacifiste de Jackson pour les droits des noirs aux USA, la comparaison avec « notre héros national » n’est pas seulement indécente. Elle insulte et salit la mémoire de tous ceux qui sont tombés sous les balles des hommes de Gbagbo. S’il y’a une comparaison à faire, c’est qu’au moment où Jesse Jackson était du côté des victimes, monsieur Gbagbo prend ici le rôle des partisans de la ségrégation raciale. Monsieur Gbagbo fait parti de ceux qui donnent les ordres pour qu’on tire sur des manifestants aux mains nues. La rencontre entre monsieur Jackson et monsieur Gbagbo, c’est donc celle d’une victime et de son bourreau. Jesse a défendu la liberté et l’égalité des hommes aux côtés de Martin Luther King jusqu’à aujourd’hui. Et malgré l’élection d’Obama, il continue son combat pour l’égalité complète. Que fait notre « libérateur» ? Il diminue chaque jour la liberté individuelle, et nous dirige vers la pensée unique ; ce à quoi le révérend Jackson s’est opposé durant toute sa vie. Alors malgré leur mascarade, Obama n’est pas dupe. Il reste serein dans ses bottes et appelle aux élections avant de pouvoir prendre une photo avec notre chef illégitime de l’état. Comme disait Gbagbo en son temps « celui qui nage, c'est son ventre seulement qui est dans l'eau sinon on voit son dos ». La preuve est que notre président parti aux Etats Unis en septembre 2009 pour chercher une photo avec l’homme le plus puissant du monde est revenu bredouille au bercail. On a vu une photo d’Obama avec le ministre des affaires étrangères mais point de Gbagbo à côté. Obama n’a nullement envi de cautionner la dictature naissante dans notre pays. Il y’a un mirage dans l’air en Côte d’Ivoire qui  fait penser que les gens sont avec monsieur Gbagbo, que les gens adhèrent à la mouvance présidentielle. Mais souvenez vous que monsieur Guei était aussi entouré de gens qui lui miroitait le même soutien populaire. Il se disait aussi le candidat du peuple. La suite, on la connait. Conclusion : monsieur Gbagbo n’est ni le candidat du peuple, ni celui du changement. Car dans la logique de la situation actuelle de notre pays, si un candidat peut apporter du nouveau, ça sera soit monsieur Mabri, soit monsieur Wodié, soit monsieur Anaky, soit monsieur Ouattara (ADO) ou tous les autres candidats. Même monsieur Bédié peut prétendre apporter du changement si on considère qu’il a tiré des leçons de son éviction du pouvoir en 1999 et qu’il a bien analysé tout ce qui s’en est suivi. Monsieur Gbagbo est un candidat solide mais il reste le candidat de la continuité, le candidat du statut quo et le peuple ne pourra suivre cette voie. C’est comme si aux USA, en quête de renouveau, au lieu d’Obama les électeurs avaient choisi monsieur John McCain  qui a avoué avoir voté plus de 90% du temps en faveur de la politique de Bush. A moins que le candidat Gbagbo nous dise qu’il est en désaccord parfait avec le président Gbagbo. Et si c’était le cas, pourquoi voter encore pour lui puisqu’on sait déjà ce qu’il fera une fois réélu ? C’est ça qui est la vérité. C’est votre plein droit de pratiquer la méthode Coué (la politique de l’autruche) mais sans d’autres arguments valides, vous allez passé à côté comme Hillary Clinton. Ah j’oubliais que tous ces autres candidats que j’ai cités plus haut sont les candidats de l’étranger, les adversaires de la Côte d’Ivoire. Alors que ce même Gbagbo est heureux lorsque certains chefs d’états avouent le soutenir. Ce même camp présidentiel jubile lorsque le ministre des affaires étrangères français, monsieur Bernard Kouchner affirme que leur candidat pourrait gagner. Je suis certain que s’il avait dit que monsieur Alassane Ouattara (qu’ils décrivent comme le pion de Sarkozy) sortirait vainqueur, les commentaires auraient été moins glorieux. Ces destructeurs (qui sont déguisés en refondateurs) auraient envahir la RTI pour dénoncer l’ingérence de la France dans la politique ivoirienne. Comme ces refondateurs aiment prendre exemple sur Obama, je rappelle tout simplement qu’au mois d’octobre 2008, John McCain et son satellite Sarah Palin avaient accentué les insultes contre Obama, le qualifiant de traite, de terroriste et d’étranger. Le camp républicain était soutenu dans cette salle besogne par les plus grandes radios du pays, par beaucoup de chaînes de télé dites conservatrices mais au final le peuple ne s’était pas laissé berner. Au moment où madame Palin dénigrait soigneusement monsieur Obama, les électeurs sont sortis massivement pour écouter « le diable » et ils ont compris la manipulation qui était en cours. Ils ont compris que pour l’intérêt de la nation américaine et vu le bilan très désastreux des républicains (comme le FPI), un nouveau cap devait être fixé.  Le résultat, nous le connaissons tous. Monsieur Obama a été mieux élu que n’importe quel autre président américain en terme de vote populaire. Mieux même que monsieur Bill Clinton. En ce qui nous concerne, personne ne peut renier même les plus caciques du FPI, la foule qu’a drainé les sorties des candidats de l’opposition notamment monsieur ADO et Bédié. Et c’est d’ailleurs pourquoi Gbagbo a eu peur et a remis tout en cause. Pour ceux qui rient aux éclats à cause des successifs sondages de la SOFFRES je vous rappelle aussi qu’en décembre 2007, Hillary avait plus de 50% d’intention de votes au niveau national alors que Barack traînait en dessous des 30%. Il faut déjà que cette institution nous dise où elle trouve d’ailleurs ces Ivoiriens qui choisissent majoritairement monsieur Gbagbo. Et puis soyons relax, avec la terreur qui règne au pays, il faut être certain de ne pas être écouté pour avouer voter pour quelqu’un d’autre que monsieur Gbagbo. Et de ce point de vue là, on peut comprendre l’avance du chef de l’état sortant.  Au-delà de ce sondage, madame Clinton avait la caution de plus de 240 notables du parti (les super délégués) alors qu’Obama n’avait qu’une petite soixantaine. Alors chers amis, il est encore temps de trouver des arguments de poids pour le candidat Gbagbo d’autant plus que vous avez eu au minimum six mois de plus pour réfléchir. Quelqu’un qui a passé presque dix ans au pouvoir ne peut revenir avec une rhétorique de changement. Il ne peut non plus revenir se présenter comme le candidat des jeunes. Car en terme de priorité des jeunes, il y’avait beaucoup de choses à faire. Comment se fait il que dans un pays où il existe des jeunes qui attendent un ou deux ans avant de pourvoir s’inscrire à l’université par faute de places, on dépense autant de milliards pour un transfert de capitale alors qu’on n’est même pas capable de construire une seule université ? Je ne suis pas contre un transfert de la capitale à Yamoussoukro mais chaque chose a son temps et visiblement ce n’était pas le moment. C’est sous la présidence de monsieur Gbagbo que cela se passe en Côte d’Ivoire. C’est sous sa présidence que le chômage a le plus augmenté chez les jeunes. C’est sous sa présidence qu’on est obligé de payer tous les examinateurs pour avoir une note. C’est sous sa présidence qu’on est obligé de payer de l’argent lorsqu’on veut déposer ne serait ce un petit CV dans une société. C’est sous sa présidence que la jeunesse ivoirienne a perdu tout repère. Alors comment un tel candidat peut il rêver berner encore les ivoiriens et surtout les jeunes. Moi qui écris ces lignes, j’ai bénéficié d’une bourse pour aller en France en 1999. C’était une coutume mise en place par monsieur Bédié qui consistait à aller dans les grands lycées de Côte d’Ivoire pour choisir des élèves sur le critère du mérite [notamment les moyennes de classe] pour les envoyer en France, au Canada et dans d’autres pays occidentaux. En 2000, monsieur Guei a tenu à respecter cette coutume en envoyant des étudiants à l’étranger. Mais que s’est passé dès l’arrivée de monsieur Gbagbo : ce circuit a été arrêté et on a vu débarqué dans les universités des anciens de la Fesci à qui on a donné des bourses bien supérieures pour service rendu à la nation. En clair la méritocratie souhaitée par la jeunesse venait d’être remplacé par les relations. C’était le retour de l’époque des fils à papa ou à tonton. Comment un tel individu peut venir nous faire croire « qu’il a changé ». Mais monsieur Gbagbo aime les mises en scènes. C’est ainsi q’en octobre 2009, il a rassemblé sa jeunesse dans un stade pour signer avec elle, un nouveau pacte. Pourquoi devrons nous croire à une feuille signée à la va-vite dans un stade alors que le programme que le candidat avait pris le temps d’écrire n’a eu aucune suite ? Peut être qu’il a eu une apparition mais nous refusons de tomber une seconde fois dans son piège. Il ne faut pas qu’il se renie, nous savons ce qu’il est et ce qu’il compte faire de notre pays. Je comprend pourquoi le président candidat refuse la bannière FPI et s’est présenté au nom d’une coalition appelée « la mouvance présidentielle ». Moi je dirai plutôt « mangecratie permanente » vu les individus qui composent cette association : des petits partis en quête de visibilité et bien sur de financement. Et pour faire encore mieux il a choisit un directeur national de campagne (Dnc) qui à ma connaissance n’est même pas militant de son parti, un homme totalement inconnu de tous : le nordiste de service monsieur Malick Coulibaly. C’est avec ça, il compte convaincre les Ivoiriens qu’il est tout nouveau, tout beau ? Je respecte mon oncle Malick tout d’abord parce que c’est un aîné. Je le respecte encore plus parce qu’il est fils de la chefferie traditionnelle de la ville de Korhogo (ma ville adorée) et donc de la descendance de monsieur Gbon Soro le chef spirituel des Senoufo, l’ethnie à laquelle j’appartiens. Je le respecte aussi pour sa réussite sociale, il a probablement beaucoup de talents. Il reste à savoir au service de quoi il met son intelligence et ses talents. En choisissant de s’allier à monsieur Gbagbo en cette période cruciale pour la Cote d’Ivoire, il s’est mis du mauvais coté de l’histoire. J’espère que ce choix a été motivé par des soucis de cohérence avec lui-même. J’espère qu’il est du coté de monsieur Gbagbo parce qu’il partage sa vision de la Cote d’Ivoire et non pour des retombés pécuniaires ou bien pour passer simplement à la télévision. De toutes les façons, quelques soient les raisons de cette mutation, je suis pratiquement sûr qu’il sera déçu que monsieur Gbagbo gagne ou qu’il perde. Mais ça c’est entre parenthèse ! Les journaux du FPI écrivent que monsieur ADO a choisi monsieur Amadou Gbon comme Dnc tout simplement parce qu’il est de la famille Gbon et que le RDR veut rester bien implanté dans le nord. Si on peut dire cela pour quelqu’un qui est militant au RDR depuis le tout début, que doit on penser du choix de Malick qui n’a jamais été militant du FPI et qui n’est arrivé aux cotés de monsieur Gbagbo qu’il y’a quelques mois? Voilà la réalité mais comme on dit « il n’y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre, il n’y a pas plus aveugle que celui qui refuse de voir ». Même le livre programme que monsieur Gbagbo a mis sur le marché est retombé dans l’anonymat juste après sa présentation. Que peut il promettre de plus qu’il n’a pas déjà promis ? Mais je comprend que lorsqu’on a la RT-FPI (anciennement RTI) à sa disposition 24h/24 alors on peut se permettre toutes les pirouettes en comptant sur la naïveté du peuple pour les faire avaler. Le problème, c’est que le peuple n’est pas naïf. En plus contrairement aux années 80 où le peuple s’intéressait peu aux différentes manigances politiciennes, les choses ont beaucoup changées aujourd’hui à cause ou grâce à la crise. Comme on le dit si bien chez nous « tout le monde voit clair maintenant ». Alors vouloir berner le peuple, c’est équivalent à se prendre les pieds dans le tapis. D’après une formule de comiques français « Il y’en a qui ont essayé et ils ont eu des problèmes». Souvenons nous. Monsieur John McCain avait joué la même tactique en allant chercher madame Sarah Palin dans le froid glacial de l’Alaska lorsqu’il n’avait vraiment plus de solution. Elle était une jeune femme sage, proche de la base républicaine qui faisait défaut dans les calculs de McCain. Avec cette nouvelle recrue, le candidat républicain se décrivait désormais comme le nouveau candidat de changement. Dorénavant, il était celui qui avait compris le problème de la jeunesse et surtout des femmes comme monsieur Gbagbo aujourd’hui. Face à cette tentative de manipulation manifeste, Obama avait alors répondu « Mais monsieur McCain de quel changement parlez vous? Celui qui vote avec George Bush 90% de temps ? Vous vous présentez comme le défenseur des femmes mais dois-je vous rappeler que vous avez voté contre une loi qui imposait l’égalité salariale homme femme ? Dois-je vous rappeler que vous avez voté contre les lois légalisant l’avortement dans des situations bien précises.» Madame Sarah Palin avait séduit pendant une semaine, voir deux. Les meetings de monsieur McCain étaient devenus plus vivants. La jeunesse républicaine avait vibré pendant deux semaines (comme Blé Goudé et ses amis) et après le tout a fait ‘pschitt’. Au lieu d’unir les républicains et d’aller chercher les indépendants, elle avait réussi l’exploit de repousser tous les indépendants et de décourager même les conservateurs les plus convaincus. Elle avait réussit à diviser les plus farouches collaborateurs du candidat McCain comme ce qui se passe entre monsieur Malick Coulibaly et les pontes du FPI. Madame Palin ne connaissait rien de la politique républicaine. Elle ne savait pas le travail qui l’attendait. Elle qui se présentait comme une maman modèle, avait dépensé près de 150000 dollars en chaussures et vêtements en moins d’un mois alors que la plupart des femmes américaines ne dépassent pas 1000 dollars. Conséquence directe : les femmes aussi ont fui le candidat républicain. Et monsieur McCain était retombé dans les méandres de l’inconnu. Comme l’avait si bien dit Obama à l’époque « Vous pouvez mettre du rouge à lèvres à un cochon, ça reste toujours un cochon. Vous pouvez emballer un vieux poisson dans du nouveau papier et l’appeler changement, il sentira toujours aussi mauvais». Il avait vu juste. Malgré la présence de la jeune femme de 44 ans aux cotés de John McCain, il représentait toujours le passé et surtout la continuité du régime Bush. Et après l’erreur de 2004, le peuple américain ne pouvait reprendre cette même voie sans issue. Ainsi la présence de monsieur Malick Coulibaly aux cotés de monsieur Gbagbo ne peut l’absoudre de son passé, des dix années passées à la tête de la Côte d’Ivoire. Pour la jeunesse de la Côte d’Ivoire, monsieur Gbagbo n’est plus l’homme de la situation, n’en déplaise à des éternels étudiants avec des casquettes qui crient partout et surtout sur leur chaîne de télévision le contraire de la réalité. Parce qu’une fois élu, ce sont les mêmes qui ont construit des châteaux en l’espace d’un trimestre qui seront toujours aux affaires et le peuple ivoirien continuera à croupir dans la misère. Ce sont ceux, qui ont détruit l’identité et l’image de la Côte d’Ivoire, qui seront toujours aux affaires. Ces personnes dont monsieur Gbagbo parlaient en affirmant qu’ils ne sont pas les seuls qui volent l’argent du pays, ce sont les mêmes qui reprendront les rênes. D’ailleurs monsieur Gbagbo les a avertis en des termes bien directs « Si je perd l’élection, vous perdez vos fortunes». Alors pas besoin d’être devin pour savoir ce qu’ils feront une fois réélus : continuer à piller les deniers publics pour garantir la survie de leurs petites descendances pour des siècles et des siècles tandis que le peuple meurt de jour en jour. Mais pour cette fois, refusons de dire « Amen ». C’est notre seule porte de survie. Alors que les légumes ont remplacé depuis longtemps la viande dans les sauces des Ivoiriens, notre président est allé jusqu’au Maroc pour se soigner les dents afin de mieux apprécier la viande. Pendant ce temps, la plupart des Ivoiriens s’attablent autour de sauces « RDV en bas » - ces sauces qui une fois versées sur du riz par exemple, disparaissent totalement comme de l’eau pour aller au fond de l’assiette - tellement il y’a très peu de condiments. Il ne faut donc pas se tromper d’élection. Il ne faut pas rater cette opportunité de refaire la santé économique de notre pays. Il ne faut pas louper cette occasion qui nous permettra de remettre notre mère patrie sur les vrais rails qu’elle n’aurait jamais du quitter. Il ne faut pas se tromper de candidat. Parmi les trois principaux candidats et aussi tous les autres, on sait ce que chacun d’entre eux a fait étant président ou premier ministre ou ministre. « On juge l’arbre à ses fruits » comme le dit Saint Mathieu. C’est assez décourageant et révoltant de voir comment certains hommes politiques à défaut de souffrir d’Alzheimer, développent le syndrome de Stockholm : la propension des otages partageant longtemps la vie de leurs geôliers à développer une empathie, voire une sympathie ou une contagion émotionnelle avec ces derniers. C’est le cas de notre cher Fologo et tous ses mangeurs des dessous de table. Mais le peuple ivoirien n’est pas atteint de la maladie d’Alzheimer. Même s’il a été maintenu dans un coma artificiel pendant des années, il s’est réveillé enfin. Vaut mieux tard que jamais. Pourquoi devrons nous donc nous contenter d’une photocopie de changement, d’une contrefaçon lorsqu’on peut avoir un original à disposition ? Alors dépassé par les récents événements, monsieur Gbagbo ne cherche plus à convaincre le peuple ivoirien. Il a trouvé une porte de sortie, il a sombré dans les insultes envers ses adversaires politiques. Si ces derniers répondent autant alors on créé une sorte de chienlit et bien évidemment lui reste éternellement à sa place. Je m’excuse auprès de tous mes frères Bété mais vous comprendrez avec moi que Bété a vraiment percé. Aujourd’hui monsieur Gbagbo qui a affirmé qu’avant d’être président il avait 500000 milles francs CFA par moi, insulte ses opposants. « Vous n’avez rien, vous n’êtes rien et vous voulez devenir président » lors d’un meeting organisé par son valet Blé Goudé. Démuni de tout programme attractif pour la jeunesse ivoirienne et surtout imbu de sa personne (à cause visiblement des flatteurs qui polluent la présidence), monsieur Gbagbo devenu riche traite ses opposants de pauvres et tout ce qui va avec. Mais franchement, ce n’est pas comme ça qu’on dirige un pays. A chaque fois, il bombe sa poitrine pour dire « c’est moi le chef, c’est moi qui fait la pluie et le beau temps ici alors taisez vous et appréciez ». Le professeur d’histoire devenu milliardaire ose insulter et traiter ainsi des gens qui ont été présidents avant lui et d’autres qui ont dirigé des institutions internationales comme le FMI. Et pour ses affidés, cela semble normal. Normal parce qu’ils ont l’argent du pétrole et du cacao. Mais tout cela montre tout simplement que monsieur Gbagbo n’est pas à la mesure de la charge de président. Cela confirme aussi tout le vol organisé à la tête de l’état. C'est d'ailleurs pourquoi, à chaque qu'on est prêt de l'élection, il crée un événement et on repart de zéro. Et je crains que l'histoire ne juge l'opposition aussi coupable que lui. Parce que s'asseoir depuis cinq années en attendant le bon vouloir de quelqu'un qui est déjà au pouvoir pour qu'il organise des élections pour vous porter au pouvoir, c'est trop croire au miracle. Aide toi le ciel t'aidera dit on. Il appartient doc au peuple ivoirien de prendre son destin en main. Et par conséquent, cela nécessite un changement, le vrai pour que plus jamais le peuple ivoirien ne soit mis de côté aux profits d’intérêts personnels égoïstes et dictatoriaux. Du nord au sud, de l’est à l’ouest, en passant par le centre, tous ceux (tous partis confondus) qui rêvent d’une Côte d’Ivoire de paix, prospère et ouverte, nous devons nous lever pour dire en cœur « YES WE CAN ».

 

 

 

 

Commentaires

Belle reflexion.
Si seulement Gbagbo voyait la vérité en face.

Écrit par : nyf | 17/04/2010

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