topblog Ivoire blogs

21/10/2009

Gbagbo, candidat du changement? Ah bon?

Notre cher président Laurent Gbagbo a déposé sa candidature le 16 octobre dernier. Je me félicite de cette nouvelle car cela montre qu'il veut bien  aller aux élections. C'est une joie pour tous les ivoiriens qui attendent la délivrance, c'est à dire un retour au fonctionnement d'un état normal. Au moment où on attendait le président candidat sur son programme, ses lieutenants nous annonce que c'est le candidat du changement. Comment ça? Un président sortant qui devient celui du changement? Ah bon, c'est possible ça? Et par rapport à qui...?


Dès l’annonce  de sa candidature tous les partis satellitaires comme le CNRD, le RPP, l’UNG,…etc, se sont en branle pour essayer d’accaparer le milieu audio visuel : rassemblement par ci, meeting par là, conférence par ci. Beaucoup de ces gens décrivent monsieur Gbagbo comme le candidat du changement. Je respecte monsieur Gbagbo en tant que président ou candidat. Je pense qu’il mérite la place où il se trouve car il a su déjouer tous les pièges pour en arriver. Mais soyons honnêtes un jour. Je reconnais volontiers qu’il existe une longue liste de mots pour décrire la candidature de monsieur Gbagbo mais le mot « changement » n’y figure pas. Et certains n’hésitent plus à dire tout haut que monsieur Gbagbo serait devenu tout d’un coup le vrai fils spirituel de Félix Houphouët Boigny. Ils ont créé un parti politique, fait une convention et tout ça pour soutenir le candidat de l’houphouetisme. Pour des gens comme notre bien aimé Laurent Dona Fologo, ça laisse vraiment à réfléchir. Pour quelqu’un qui a passé des décennies auprès du premier président de notre pays, cela donne le droit de demander ce qu’il faisait pendant tout ce temps. Probablement qu’il était tellement occupé à griller les arachides –c’est lui-même qui a dit à la télé avoir été un grilleur d’arachides- qu’il n’a pas eu le temps d’apprendre la vision politique d’Houphouët. On ne peut pas tomber aussi bas. Il aurait pu soutenir efficacement monsieur Gbagbo sans forcement se courber devant lui et à cirer ses chaussures. Mais bon c’est son choix alors nous le respectons.

J’ai lu ce mardi 20 octobre que monsieur Stéphane Kipré avait qualifié monsieur Gbagbo de candidat du peuple citant même l’exemple d’Obama. Je suis désolé de le dire mais j’ai suivi à fond tous les discours, meetings et débats télévisés que monsieur Obama a eu durant toute sa campagne et en aucun moment il ne s’est décrit comme le candidat du peuple. Il est trop réaliste pour prétendre incarner à lui seul toute la diversité des opinions du peuple américain. Par contre, il s’est toujours présenté comme le candidat de tous ceux qui voulaient que les choses changent aux USA. C’était le candidat de tous ceux qui en avaient marre de la politique minable de George Bush et de cette atmosphère de tension permanente. C’était le candidat de ceux qui voulaient en finir avec l’ère Bush. On ne peut donc en aucune manière comparer monsieur Gbagbo qui s’est autoproclamé candidat du peuple à monsieur Obama car  ils n’ont pas la même vison du monde, ni les mêmes expériences de la vie. En tout cas, du côté américain, on ne voit pas les choses de cette façon là. La preuve est que notre président parti aux USA le mois dernier pour chercher une photo avec l’homme le plus puissant du monde est revenu bredouille au bercail. Dans la logique de la situation actuelle de notre pays, si un candidat peut apporter du nouveau, ça sera soit monsieur Mabri, soit monsieur Wodié, soit monsieur Ouattara (ADO). Même monsieur Bédié peut prétendre apporter du changement si on considère qu’il a tiré des leçons de son éviction du pouvoir et de tout ce qui s’est passé par la suite. Monsieur Gbagbo est un candidat solide mais il reste le candidat de la continuité, le candidat du statut quo et le peuple ne pourra suivre cette voix. C’est comme si aux USA,en quête de renouveau, au lieu d’Obama les électeurs avaient choisi monsieur John McCain  qui a avoué avoir voté plus de 90% du temps en faveur de la politique de Bush. C’est ça qui est la vérité. C’est votre plein droit de pratiquer la méthode Coué (la politique de l’autruche) mais sans d’autres arguments valides, vous allez passé à côté comme Hillary Clinton.

 

Ah j’oubliais que tous ces autres candidats que j’ai cités plus haut sont les candidats de l’étranger, les adversaires de la Côte d’Ivoire. Comme vous aimez prendre exemple sur Obama, souvenez vous que pendant le mois d’octobre 2008, John McCain et son satellite Sarah Palin avaient accentué les insultes contre Obama, le qualifiant de traite, de terroriste et d’étranger. Le camp républicain était soutenu dans cette salle besogne par les plus radio du pays, par beaucoup de chaînes de télé dites conservatrices mais au final le peuple ne s’était pas laissé berner. Au moment où madame Palin dénigrait soigneusement monsieur Obama, les électeurs sont sortis massivement pour écouter «  le diable » et ils ont compris la manipulation qui était en cours. Et le résultat, nous le connaissons tous. Monsieur Obama a été mieux élu que n’importe quel autre président américain en terme de vote populaire. Mieux même que monsieur Clinton. Pour ceux qui rient aux éclats à cause du sondage du mois d’août dernier je vous rappelle aussi qu’en décembre 2007, Hillary avait plus de 50% d’intention de votes au niveau national alors que Barack traînait vers les 30%. Au-delà de ce sondage, madame Clinton avait la caution de plus de 240 notables du parti (les super délégués) alors qu’Obama n’avait qu’une petite soixantaine.

 

Alors chers amis, il est encore temps pour trouver des arguments de poids pour le candidat Gbagbo. Quelqu’un qui a passé presque dix ans au pouvoir ne peut revenir avec une rhétorique de changement. Ah je comprend pourquoi le président candidat refuse la bannière FPI et  s’est présenté au nom d’une coalition appelée « la mouvance présidentielle ». Et pour faire encore mieux il a choisit un DDC qui n’est même pas militant de son parti, un homme totalement inconnu de tous. C’est avec ça, il compte convaincre les ivoiriens qu’il est tout nouveau, tout beau? D’après une formule de comiques français « Il y’en a qui ont essayé et ils ont eu des problèmes». Monsieur McCain avait joué la même tactique en allant chercher madame Palin dans le froid glacial de l’Alaska. On connait le résultat final. Comme l’avait si bien dit Obama à l’époque « Vous pouvez mettre du rouge à lèvres à un cochon, ça reste toujours un cochon. Vous pouvez emballer un vieux poisson dans du papier et l’appeler changement, il sentira toujours mauvais après huit ans ». Dans notre cas, on dira qu’il sentira toujours mauvais après neuf ans. C’est ça qui est la vérité.

Monsieur le président candidat, avec tout le respect que je vous dois, vous ne pouvez en aucun cas incarner le changement dans cette élection.

 

 

Les commentaires sont fermés.